Retrait américain de 66 organisations internationales : entre inquiétudes légitimes et questions de fond

Le 7 janvier 2026, le président Donald Trump a signé un mémorandum ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont 31 entités onusiennes et 35 organisations non affiliées à l’ONU. Cette décision marque un tournant dans l’engagement multilatéral américain.

Une décision qui appelle à la nuance

Face à une telle annonce, la tentation est grande de réagir de manière binaire : applaudir ou condamner. Pourtant, une lecture attentive de la liste révèle une réalité plus complexe. Ces 66 entités peuvent être regroupées en catégories distinctes, dont les missions appellent des jugements différenciés.

Des organisations essentielles à la protection des plus vulnérables

Certains retraits soulèvent des inquiétudes légitimes. Parmi les organisations visées figurent :

  • Le Bureau du Représentant spécial pour les enfants dans les conflits armés
  • Le Bureau du Représentant spécial sur les violences sexuelles dans les conflits
  • Le Bureau du Représentant spécial sur la violence contre les enfants
  • La Commission et le Fonds pour la consolidation de la paix

Ces instances accomplissent un travail concret de protection des populations civiles. Leur affaiblissement pourrait avoir des conséquences directes sur les victimes qu’elles s’efforcent de protéger. L’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme — « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne » — trouve dans ces organisations des défenseurs actifs.

Des organisations aux missions détournées

D’autres entités ont fait l’objet de critiques récurrentes. Certaines ont progressivement élargi leur mandat initial pour promouvoir des interprétations extensives des droits humains qui ne figurent pas dans le texte fondateur de 1948.

La DUDH (Déclaration universelle des droits de l’homme), adoptée à Paris le 10 décembre 1948, constitue un texte sobre et universel. Elle proclame des droits fondamentaux — la vie, la liberté, la sûreté, l’égalité devant la loi, la liberté de conscience — dans un langage accessible à toutes les cultures.

Or, certaines organisations onusiennes ont développé des doctrines qui, sous couvert de « droits humains », promeuvent des agendas idéologiques spécifiques. Cette dérive a créé des tensions dans de nombreux pays, notamment en Afrique, où ces interprétations sont perçues comme une forme d’impérialisme culturel.

Lorsqu’une organisation brandit la DUDH pour imposer des concepts étrangers au texte original, elle affaiblit paradoxalement l’universalité même de cette Déclaration.

Le climat : un enjeu réel, des organisations contestées

La majorité des organisations visées concernent le climat : la Convention-cadre sur les changements climatiques, le GIEC, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, entre autres.

Le dérèglement climatique menace des droits fondamentaux : accès à l’eau, sécurité alimentaire, droit au logement. Les populations les plus pauvres en subissent les premières conséquences. Cependant, l’administration américaine argue que ces organisations sont devenues inefficaces et coûteuses. Ce débat sur l’efficacité des institutions multilatérales mérite d’être posé honnêtement.

Ce que les États-Unis conservent

Les États-Unis maintiennent leur participation au Conseil de sécurité de l’ONU, au Programme alimentaire mondial, au Haut-Commissariat aux réfugiés et à l’Organisation internationale du travail. Ce maintien sélectif suggère une volonté de réorienter l’engagement américain plutôt qu’un abandon total du multilatéralisme.

Revenir à l’essentiel

Cette situation invite à une réflexion de fond. Le système international de protection des droits humains a permis des avancées considérables depuis 1945. Mais il s’est aussi parfois égaré dans des querelles idéologiques éloignées des préoccupations concrètes des peuples.

Des millions d’êtres humains souffrent aujourd’hui de la faim, de la guerre, de l’oppression politique. C’est à ces urgences que la communauté internationale devrait consacrer son énergie.

L’article 1 de la DUDH nous rappelle l’essentiel : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

C’est à cette fraternité universelle qu’il convient de revenir.

Articles de la DUDH concernés

  • Article 25 : Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille
  • Article 28 : Toute personne a droit à ce que règne un ordre social et international dans lequel les droits et libertés énoncés dans la Déclaration puissent être pleinement réalisés

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