Homicide au Lignon : quand le crime nie le droit le plus élémentaire

Une femme de 67 ans a été tuée à coups portés à la tête dans son appartement du Lignon, à Genève. Son corps a été découvert le 5 mai après qu’une voisine a alerté la police. L’auteur ou les auteurs sont toujours recherchés. Au-delà du fait divers, cette affaire rappelle ce que dit la Déclaration universelle des droits de l’Homme sur le premier de tous les droits.

Un droit que rien ne justifie de supprimer

L’article 3 de la DUDH garantit à toute personne le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. Tuer quelqu’un, c’est nier ce droit de manière absolue. Contrairement à d’autres droits qui peuvent être limités dans certaines circonstances prévues par la loi, le droit à la vie ne souffre aucune exception arbitraire. Aucun motif privé, aucune colère, aucun conflit personnel ne peut légitimer la suppression de la vie d’autrui.

Cette femme de 67 ans vivait chez elle. Elle avait le droit d’y être en sécurité. Son assassinat viole frontalement l’article 3, sans nuance possible.

Ce que l’État doit garantir

La DUDH ne protège pas seulement contre les abus de l’État. Elle impose aussi à l’État de protéger activement les personnes contre la violence d’autrui. C’est ce qu’on appelle l’obligation positive : l’État doit enquêter, identifier les responsables, les juger. Pas par vengeance, mais parce que le droit à la vie exige une réponse institutionnelle.

La police genevoise a ouvert une enquête confiée à la brigade criminelle. Le délai entre la découverte du corps et la communication publique s’explique par le temps nécessaire pour établir la nature criminelle du décès. Cette démarche respecte le cadre prévu par l’article 10 de la DUDH, qui garantit à toute personne un examen équitable de l’affaire pénale par un tribunal indépendant.

L’auteur présumé, une fois identifié, devra être jugé selon les règles du procès équitable. Même celui qui tue conserve ses droits : présomption d’innocence, accès à la défense, impartialité du tribunal. La DUDH protège aussi celui qu’on accuse.

L’universalité du texte, y compris dans le pire

Ce qui rend la DUDH puissante, c’est qu’elle s’applique à tous, dans toutes les situations. L’article 3 protège cette femme de 67 ans au Lignon, comme il protège un journaliste menacé ailleurs dans le monde, un détenu, un réfugié, un manifestant. Le texte ne hiérarchise pas les vies.

Cette affaire genevoise n’est pas « plus grave » qu’une autre parce qu’elle se passe en Suisse. Elle l’est parce qu’elle viole un droit humain universel. Comprendre cela, c’est saisir la logique même de la Déclaration : elle ne défend pas des causes au cas par cas, elle pose un socle commun qui vaut partout, pour tous.

Ce que cette affaire rappelle au lecteur

Un homicide, c’est le cas le plus net de violation de droits humains : un droit est supprimé, une personne ne peut plus exercer aucun autre droit. Partir de ce cas extrême aide à comprendre ce qu’est réellement un droit fondamental. Ce n’est ni une opinion, ni une préférence politique, ni un privilège. C’est une protection élémentaire qui permet à chacun d’exister.

Lire l’actualité à travers la DUDH, c’est se donner une grille stable. Que l’affaire soit médiatisée ou non, que la victime soit connue ou anonyme, le texte s’applique de la même manière. C’est précisément ce qui en fait un outil de lecture du monde, et pas seulement un texte juridique.

Articles de la DUDH concernés

Article 3 : Droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 10 : Droit à ce qu’une cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial.

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